Une publication soutenue par la Fondation

Zoé, 2011
Texte établi, annoté et présenté par Daniel Maggetti et Stéphane Pétermann.

« La vie est tellement incandescente. Ici comme là-bas. Vieux frère je te lance un grand pont. » Ces propos de Vernet à Bouvier du 17 août 1955 traduisent l’intensité d’une relation faite de passion et de fraternité. Depuis l’âge du collège, Nicolas Bouvier (1929-1998) et Thierry Vernet (1927-1993) ont rêvé ensemble d’accords majeurs avec le monde, par le voyage et par la création. L’un devient écrivain, l’autre peintre : en mots et en images, ils diront ce que l’on ne peut connaître qu’une fois.
De Cologny à Paris, de Kaboul à Colombo, de Tokyo à Genève, leur correspondance est un fil tendu entre deux vies mises en commun. Nourrie de l’expérience de la route, elle exprime aussi la beauté d’une aventure humaine, celle d’une amitié sans réserve.
La Correspondance des routes croisées réunit les lettres échangées par Nicolas Bouvier et Thierry Vernet jusqu’à la parution, chez Julliard en 1964, de l’édition française de L’Usage du monde, le récit de leur traversée de l’Asie.
Hormis trois mémoires de licence universitaires portant chacun sur un roman ou une thématique, il n’existe cependant aucune étude d’ensemble de l’œuvre. S’il comble ainsi une lacune, ce livre d’Isabelle Martin se veut moins un essai critique qu’une relecture attentive et plutôt empathique. Il entend faire partager au lecteur une admiration de longue date, en donnant le plus souvent possible la parole à l’écrivain.